Le "Spatz" un planeur tout polystirène !

, popularité : 18%

Le Kit :

Bon, ayé, j’ai reçu mon Spatz. Je m’en vais donc vous conter sa construction et ses premiers vols sous la houlette du Phildeb et de votre serviteur.
Tout d’abord, le kit. Arrivé par la Poste (vous croyez quand même pas que je vais descendre me chercher un kit au magasin, on n’est pas en Provence pour rien, je me fais livrer, Môssieur ! ), sous la forme d’un long carton avec une ch’tite photo de Spatz rikikitte (va être coton pour la déco). Allez, hop, ouverture du bouzin.
Rho, c’est tout en polystyrène expansé ! Le fuselage est bleu ciel, les ailes et la queue sont d’un blanc jaunâtre. Le grain est gros, les bavures nombreuses, on sent bien qu’il va falloir poncer. Dans la dérive et le stab, deux ou trois gros trous d’injection d’un bon centimètre se font remarquer. Pas de panique, les autocollants ont une trame transparente, il suffira de découper une chute pour couvrir les orifices.
Il y a un peu de bois, aussi. Une planchette comporte des pièces estampées en CTP 1mm de qualité médiocre. A l’heure où l’on parle des différences de découpe entre laser et jet d’eau, ce kit ne se pose pas la question : c’est estampé àla hache, probablement par un ours franchement sorti du goulag. Résultat, il faudra refaire quelques pièces, notamment les nervures d’emplanture et, conseil après les premiers vols, le patin avant qui tient plus du mille-feuilles asthmatique en pâte àpain que du CTP.
Il y a aussi de jolis autocollants, qui contribuent probablement àla rigidité de l’ensemble. C’est dommage, ils sont trop grands pour les ailes ! A redécouper aussi.

Alors, attrapons la doc.

AAAAARRRRRRRRRRRHHHHHRHHHHRHH !!!!!!!
Que peut bien vouloir dire "Modellflug - insbesondere funkferngesteuerter..." ? Oui, la doc. est en allemand (je me disais, aussi, où ont-ils donc trouvé ce nom ridicule de Spatz ?). Et comme la seule chose que je sache faire en allemand c’est commander àboire, je me demande comment on va s’en sortir. Heureusement, chez Conrad la doc. existe en PDF et en français (traduction babelfish-like).
Après le download qui va bien, j’imprime et lis plusieurs fois la doc. avant de commencer. Heureusement !! Il y a plusieurs étapes àremettre dans l’ordre.
Il y a des conseils rigolos, aussi : "ce planeurs (sic) est un modèle pour débutants et amateurs d’aéromodélisme. Il n’y a ni repérages, ni sciages compliqués àréaliser" Il faut savoir que la clé d’aile reçue n’est pas d’égale longueur des 2 côtés du pliage dièdre, et qu’elle ne rentre dans les fourreaux qu’après être passée àl’ébarbeuse...
Avant de commencer le montage, il faut tout poncer, au moins c’est fait, et on pourra se familiariser avec les pièces, ce qui est important pour ne pas se faire avoir en assemblant des trucs pas vraiment conformes. Ne pas hésiter àrefaire des pièces en vrai CTP, surtout le patin d’attéro et d’autres pièces un peu vitales. A vérifier : les plans de stab et d’aile : il ne jointent pas d’origine et en les laissant comme ça on risque de se retrouver avec un stab qui penche àdroite ou àgauche. Il faudra donc retailler ces plans après assemblage des deux demi coques de fuselage.
Profitez-en pour numéroter vos morceaux de bois en fonction de la nomenclature fournie en fin de doc., ça vous évitera de chercher pendant trois plombes l’ésotérique "renfort 48 rectangulaire".
On commence par monter les gaines de commande (facile, tout est pré entaillé, les passages sont àcoller). Méfiez-vous !! Les 2 gaines n’ont pas la même longueur, vérifiez avant de coller.
Si vous voulez le monter électrique, le moineau (c’est ça que ça veut dire, "Spatz"), il faut couper la truffe du machin. Cela dit, si c’était moi, je ne le ferais qu’après avoir assemblé les demi coques, pas avant comme préconisé. Emmanchez-le en force.
Ensuite, on fout les renforts en CTP, le patin, l’axe de roue (c’est le petit clou fourni), etc... Il n’y a qu’àsuivre. Résistez àla tentation de refaire ces pièces en plus épais, ça ne sert àrien, sauf pour le patin avant. Il faut le faire costaud, il s’écrase comme une m..... àchaque attéro.
La béquille peut rester comme elle est, elle n’encaisse pas grand-chose et il ne sert àrien d’alourdir encore plus le cul de la bête, surtout si vous n’y mettez pas de moteur (il faudra lester d’au moins 30g). Montez les tourillons d’aile avant de coller les demi fuseaux, ils vous serviront de guide. Vérifiez que vous n’avez rien oublié dedans, puis collez. J’ai mis de la colle blanche pour tout ce qu’il y avait àl’intérieur, et de l’époxy pour le collage du fuselage. Il faut enduire d’une fine couche d’époxy et racler pour ne pas en laisser trop, inutile d’alourdir.
Avant de vous occuper de la verrière (???),

préparez votre installation radio, en mesurant soigneusement. Les planchettes fournies sont largement suffisantes, l’oiseau fait 700g tout monté, les servos ne se barreront pas. Au passage, en version vol de pente, sans moteur, ne vous cassez pas la tête ày mettre des mini servos, des standards à60 balles vont très bien et contribueront au centrage. Utilisez le logement moteur pour y mettre votre accu (4 éléments de réception en carré en 600 mA, ça suffit pour voler 2 heures). Le recepteur ira sous l’aile.

Installation de l’empennage :

Préparez dérive et stab. Pour ce dernier, mettez en bout de queue un tourillon (non fourni) de 1mm. Ce n’est pas indiqué dans le plan, mais le stab n’a qu’une vis de fixation, il a donc tendance àtourner. Pour éviter les conneries, un tourillon supplémentaire en fond de stab permettra de moins serrer et de pouvoir centrer. Ce système risque par contre de vous coà»ter un stab si vous posez comme un goret, vu qu’il ne s’écartera plus au moindre choc. C’est comme vous le sentez. A l’usage, j’ai retenu la solution suivante : stab vissé mais pas trop serré, pas de tourillon. Au retour sur le plancher des vaches, si vous croisez une taupe ou une touffe d’herbe, le stab se décentre gentiment sans se marquer.
Faites àl’inverse du plan. Positionnez d’abord le stab puis la dérive. Pour l’articulation, un bout de blendern fera l’affaire. Notez que si vous foutez votre blendern comme indiqué sur le plan, il y a de fortes chances pour que votre gouverne devienne fixe et ne bouge plus... Le dessin comporte une erreur grossière, et risque de piéger un débutant. Il y a un Looping qui indique comme bien poser le blendern, mais en tout cas, fuyez les charnières sur ce modèle.

Les derniers coup de pinceau :

Faites un assemblage àsec avant de coller
Collez les guignols en bois àla colle blanche, après les avoir légèrement incisés pour favoriser leur casse en cas de gros pet. Inutile de foutre une chappe sur votre tringle, faites un V (qui sert àla fois àrégler la longueur et àamortir en cas de choc sur la gouverne) et enfilez votre tringle dans le trou de la gouverne.
Mettez votre empennage en croix, et hop ! Une vis pour tenir le stab. Il est prévu démontable, au départ, comme les ailes, mais il vaut mieux àmon avis faire les ailes d’un seul tenant, et laisser le stab en place.
Parlons-en, des ailes... Rien n’est en face, rien n’est symétrique, il faut retoucher partout. Refaites les nervures en vous basant sur l’emplanture. Pré percez le trou du tourillon de centrage arrière. Pesez vos demi ailes : j’ai trouvé 10gr de différence entre les deux. Montez àsec et retaillez les baguettes au plus précis, puis collez. Soyez light sur l’époxy...
Taillez ensuite la verrière, décorez l’intérieur au choix (j’ai collé une tête de Sylvestre issu d’un distributeur de bonbons Pez) et cogitez pour trouver un système qui permette de tenir l’ensemble fond+verrière sur le modèle... Perso, j’ai mis un tube d’alu fiché dans l’aile et qui traverse sur 2cm l’arrière du support de verrière (dans un tube carbone collé), un bout de plastique souple àl’avant pour faire charnière et du velcro pour tenir le tout.
Les débattements sont bons pour la direction, un peu courts pour la profondeur (il faut contrer fort). Vous pouvez monter à14mm AU PALONNIER (j’ai pas mesuré le débattement àl’arrière). Astuce pour le passage des câbles de servo : glissez une ficelle plombée dans le trou et faites ressortir de l’autre coté, vous avez ainsi un guide fil fort pratique.
Découpez vos autocollants (trop grands pour l’aile !!) et collez les, ça décore un peu et aide àsituer le dessus du dessous.
Allez, on centre (rien n’est indiqué... Centrez sur le renfort de longeron). N’hésitez pas àcentrer un peu avant puis affinez. Avec un 4-éléments Ni-Cad dans le logement moteur et 2 servos standards (45 grammes, les bestiaux !), il suffira de 30gr de plomb pour obtenir un centrage correct (un poil avant).

Les vols !!!

J’ai terminé l’assemblage le jeudi à2h du mat’, rendez-vous est pris avec Philippe le vendredi au Mont de Lachens. C’est lui qui va l’essayer, moi, il y a dix ans que je n’ai pas piloté, alors... j’angoisse !!
Lancé dans un vent de face soutenu, la pente est très dynamique, et il faut se foutre un élastique autour de la casquette pour ne pas qu’elle s’envole. Je n’en ai que deux, je les mets sur les ailes du Spatz, tant pis pour la casquette. Au passage, inutile de faire trop pour les élastiques, mieux vaut que ça saute en cas de pet.
Il monte tout de suite dans la bulle, chahuté par le vent, mais stable. Philippe commente, il le trouve sain et assez homogène, il se défend pas mal dans les turbulences. Il fait un passage arrière au-dessus de la pente, le Spatz file fort mais perd vite de l’altitude, c’est l’atterrissage vent de face après un dernier virage court.
Hop, on relance dans le trou. Je prends le manche. Premier virage, le Spatz enfonce beaucoup, je tarde àcontrer, c’et le début de vrille, je tire comme un âne, il remonte et je jette les commandes àPhilippe qui fait du radada pour remonter la bête. Sueurs froides et angoisse, je ne sais plus piloter. Philippe passe par une dégueulante, le Spatz n’est pas bien haut, mais il le pose vent de dos sans problème.
Retour au trou, je reprends les commandes, Philippe s’éloigne, je n’ai pas droit àl’erreur. J’entame un circuit, d’une bulle àl’autre, en virant encore, trop court et en me faisant embarquer, mais le Spatz pardonne bien, malgré une petite mollesse au débattement de profondeur. Il faut lui garder constamment de la vitesse, sous peine de perdre toute manoeuvrabilité (vous avez dit 2 axes ?). Face au vent, dans la bulle, c’est un vrai cerf-volant, il ne bouge presque plus, c’est bô...
On va essayer de se poser, de toute manière, il faudra bien que ça revienne... Prise d’altitude, passage plein pot vent de dos au-dessus de la crête, je m’éloigne sous les cris de Philippe ("àdroite !! àdroite !! Non, àgauche !! Remonte, descend, reviens, oui, non, non !!!! Plus fort, ouiiiiii, ça vient, ouiiiiiiiiiiiii !!!!) puis entame un dernier virage, sans trop contrer pour lui faire perdre de l’altitude, puis il vient en finale, sans un poil de vent, et parachute doucement. Il est posé (content, je suis...).

Changement de pente,

zone d’atterrissage vent de travers, sur coussin d’air. Je tiens mieux la bête en l’air, mais niveau posé, c’est pas ça... Premier attéro dans un arbre. C’est solide, le polystyrène... deuxième atterrissage la truffe dans le gravier (signé Philippe, qui sera le seul àarriver àse poser sur la piste). Troisième, j’arrive plein pot, je pique comme un demeuré et le Spatz fait 100m à50cm du sol, pleins tubes, sans vouloir se poser, puis remonte àfond, tout seul, comme soulevé par une bulle. Je manque donc la piste et retrouve la pente (faut le faire, avec un profil creux...) mais le Spatz disparaît de ma vue et décroche. Un quart d’heure pour le retrouver...
Bilan, aile cassée (réparée sur place àl’époxy), dérive arrachée (idem). Dix minutes plus tard, c’est réparé, mais je ne revolerai pas avec, la trouille du vol de trop...

Une semaine plus tard, je me fais 50 lancers main sur une zone de poser de parapente. J’affine le centrage (je l’ai un peu reculé) et les débattements.

Le week-end suivant,

pente de Caussols, la bête est parfaitement réglée, on se fait quelques vols d’anthologie. Le vent est fort mais le Spatz se défend bien, pour peu qu’on lui garde du badin. Un looping est tenté, puis un second, puis un troisième, qui se termine en renversement douteux. Le Spatz réagit très bien au décrochage, il n’embarque pas et se rétablit en quelques mètres. Je tente un renversement qui ne passe pas, manque de badin. De toute manière, c’est du polystyrène, n’en faites pas trop...
En vol laminaire, il accélère bien et est doux aux commandes (curieux, vu le profil, je ne pensais pas qu’il volait si vite quand on le lui demandait). Avec un centrage adapté, il plane en silence, queue haute, en crabe dans le vent de travers, on s’y croirait !
Même en petites conditions de vent, il grimpe, l’oiseau, c’est un plaisir. Pour le poser, il faut monter à20-25m, puis plein pot vent de dos. Le Spatz joue alors les avions de chasse. Virage àla dérive seule pour perdre de l’altitude et attaquer le U, puis dernier virage face au vent et descente en pente douce. Attention ! Il allonge pas mal face au vent, àcause du profil, il est parfois nécessaire de plaquer. Vous pouvez faire 30 ou 40 mètres à10 cm du sol et poser, c’est magnifique. La petite roue joue parfaitement son rôle. Un coup de stab en piqué une fois posé et il freine. Même posé, si vous tirez, il redécolle !!

Bilan,

un planeur sympa qui vole pas mal, àcondition de lui garder de la vitesse, mais dont le kit ne conviendra pas àun débutant, tant il faut se méfier de tout. Refaites bien les plans d’aile et de stab, pour ne pas avoir àcaler.
Par contre, la qualité de fabrication est nulle, mais bon, il faut le savoir et bricoler un peu, c’est àla portée de tout modéliste pas trop bouché. Et puis, à380 balles le tout, on ne peut pas demander la lune...
Je me suis remis au pilotage avec le Chat (je l’ai rebaptisé). Je sens que ça revient... Je compte même reprendre les cotes pour peut-être le faire en structure, semi maquette, quand j’aurai le temps.
Pour ceux que ça intéresse, je suis en train de faire le modèle FMS (je n’ai pas encore la forme du fuselage, mais le .par est fait et il vole comme l’original).

FrK