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Moonlight

samedi 15 octobre 2005

Comme tout modéliste polyvalent qui se respecte, je me devais de posséder un de ces planeurs à l’aise dans toutes les conditions. C’est à dire capable de voler tel un lancer main, d’être catapulté, de s’exprimer à la pente avec peu ou pas de vent et de pouvoir se défendre en voltige classique quand le dieu Eole se réveille. Bref une machine à tout faire. Je me décidais donc à aller faire un petit tour chez New Power Modélisme afin de dénicher un planeur tel qu’ils savent les faire. Après les traditionnelles salutations, je commence à chercher l’objet de mes rêves. Un Spitfire à gauche, un Cap à droite, un 4m tout plastique devant, mais où sont donc les petites plumes ? J’aperçois enfin quelques cartons blancs posés à même le sol avec le nom du modèle qu’ils contiennent marqué au feutre. Ca doit être ça. Moonlight ? Tient, ça me dit quelque chose ce truc. Ah non, je confond avec le Sunlight : lancer main deux axes D-Box. On va quand même jeter un coup d’œil. Ouah ! un super lancer main trois axes en verre-kevlar avec D-Box et stab papillon. Je soupèse un peu et après un rapide calcul, je me rend compte qu’entièrement équipé, le modèle frôlera les 400à 500g. C’est parfait pour ce que je veux en faire. Je me relève et lance un j’veux l’même au vendeur. C’est donc contre une somme relativement coquette que l’on m’échange le Moonlight.

Ouverture de la boiboîte :

Comme d’habitude, le carton ne paye pas de mine (il est tout blanc). Par contre, l’intérieur vaut le détour. Nous trouvons donc, soigneusement emballés dans des sachets plastiques :
- deux demi ailes
- le fuseau, également en deux parties
- le stab, toujours en deux parties
- la clé d’aile en C.à.P. 4mm
- les commandes de profondeur et de direction en C.à.P. 0.8mm
- deux vis Nylon 4mm
- un feuillet A4 indiquant l’angle d’ouverture du stab et le centre de gravité en guise de notice.

Chaque demi aile est de toute beauté avec sa double cassure au bord d’attaque et son saumon elliptique moulé. Mais le plus beau, reste quand même le fameux D-Box qui court sur environ 22% de la corde à l’emplanture et sur un peu moins de 15% au saumon. Les ailerons ont également des cordes évolutives pour respecter un rapport de 25% de la surface en bout d’aile. L’emplacement des servos d’ailerons est déjà prévu et les rallonges sont posées. Jetons à présent un petit coup d’œil au niveau de l’emplanture. Les tétons de centrage sont collés en place. Les trous pour le passage des vis Nylons sont renforcés par deux petits tubes en métal afin d’éviter l’écrasement lors du serrage et la formation d’un jeu après plusieurs atterrissages hasardeux. Notons également que les fourreaux de clé d’aile sont déjà posés. Le profil utilisé est un Selig 7061 et laisse présager de très bonnes qualités voilières.
Le fuselage est lui aussi livré en deux parties. Cela peut peut-être surprendre mais ça s’explique par le fait que vous avez le choix du matériau utilisé pour chacun de ces deux éléments. Concrètement :vous pourrez donc choisir entre la fibre de verre et le kevlar pour l’ogive et entre la fibre, le carbone et le kevlar pour la poutre ; en fonction des disponibilités du magasin. Dans mon kit, l’ogive était en fibre et la poutre en kevlar. La verrière est quant à elle en fibre teintée bleue. Une chose qui fait très plaisir : les tubes guides pour les commandes de direction et de profondeur sont posées et fixés en place ;ce qui évite un collage qui peut parfois s’avérer laborieux. La platine, dans laquelle les vis Nylon s’insèreront est collée et les trous taraudés au bon diamètre. Les trous pour le passage des tétons de centrage sont, bien entendu, déjà percés.
Le stabilisateur papillon est intégralement en structure de balsa 3mm avec bord d’attaque elliptique. Les volets sont en balsa plein et profilés comme il se doit. Une petite chose encore. Le fabriquant a , une fois de plus, pensé à nous en ponçant les chants à 55° afin d’obtenir du premier coup un angle d’ouverture du stab de 110°. C’est pas sympa ça ?
J’allais oublier. L’ensemble du modèle, fuselage excepté, est parfaitement entoilé à l’Oralight. Ceci facilitera grandement les choses en cas de petit pépin.

Assemblage :

Etant donné l’état de préfabrication avancé, va pas y avoir beaucoup de boulot ! L’avantage c’est que vous pourrez aller voler deux à trois heures après l’ouverture de la boîte. Le plus gros du travail se situe sur le fuselage. Commencez donc par relier les deux parties du stab avec de la cyano (c’est plus léger que l’époxy et en cas de choc, ça fait fusible). Comme je vous le disais précédemment, cette opération est un jeu d’enfants. Vérifiez quand même l’angle d’ouverture (on ne sait jamais). Insérez le stab dans les ouvertures arrières de la poutre en prenant soin de laisser les tubes guides du côté de l’ouverture du stab. Une fois l’ensemble correctement positionné, collez par infiltration de cyano fluide. Avant de coller la poutre, il vous faudra monter l’aile sur l’ogive. Introduisez donc la clé dans un des d’eux panneaux et positionnez l’autre panneau. Vissez l’aile en place à l’aide des vis Nylon. A présent, insérez l’ogive dans la poutre, alignez le stab par rapport à l’aile en procédant comme suit. La méthode la plus simple consiste à retourner le planeur et à le poser sur le dos. Dans cette configuration, les saumons de l’aile touchent le sol. Il ne vous reste donc plus qu’à faire pivoter la poutre afin que les saumons du stab touchent également le sol. Vous obtenez alors un parfait alignement de l’aile et du stab. Retournez le planeur en faisant attention de ne pas toucher à la poutre, retirez l’aile et collez la poutre à l’ogive par infiltration de cyano très fluide. Voilà ! C’est fini !

Charnières :

Les surfaces mobiles n’étant pas articulées, il va falloir travailler un peu non mais... ! Malgré le fait que l’on soit fortement tenté de réaliser les charnières avec un bout d’entoilage pour qu’elles soient parfaitement invisibles, je ne vous conseille pas (mais alors pas du tout) d’utiliser de l’Oralight. Pourquoi ? Me direz vous. Eh bien tout simplement parce que ce produit, malgré des qualités de recouvrement indéniables, est beaucoup trop fragile et risque de vous lâcher après quelques vols. Il serait, en effet, dommage de perdre un aileron ou un volet de profondeur en plein vol. Préférez plutôt le Blenderm ou tout simplement du ruban adhésif transparent standard.

Installation radio :

Qui dit petit planeur de perf., dit petit équipement performant. Les servos utilisés sont tous de type Sub-micro de 8 et 9g. Nous trouvons donc :
- Deux C261 de 8g en attaque directe sur les ailerons via une petite C.à.P. 0.8mm plus tube 2mm avec chape métal côté palonnier et un petit Z côté guignol. Ce montage permet d’obtenir une certaine flexibilité de la commande en cas d’atterrissage sur aileron baissé et permet de ce fait de limiter la casse au niveau des pignons. Les C261 sont collés dans leur logement respectif avec de la colle à chaud qui assure un maintient suffisant et relativement souple (toujours en cas de touchette). Le puit de servo est recouvert par de l’adhésif afin de limiter le poids et la trainée. Chaque demi aile ainsi équipée pèse 135g.
- Deux MS 800 de 9g à la profondeur et à la dérive. Ils prennent place sur une petite platine en C.T.P. 2mm située sous l’aile. Chaque servo actionne sa gouverne via la traditionnelle corde à piano 0.8mm coulissant dans un tube guide de 2mm avec bague réglable côté palonnier et un petit Z côté guignol.
- L’accus est un 4.8v 350 mAh. Il est placé le plus en avant possible et est calé par de la mousse et par un petit bout de baguette samba collée à la cyano.
- Le récepteur est un R600 Graupner. L’avantage de ce récepteur est de posséder six voies pour une masse avec quartz de seulement 15g.

Ainsi équipé, notre bel oiseau accuse une masse de 467g !

Appendices de mise en altitude :

Comme je vous le disais en introduction, c’est une machine polyvalente que je recherchais. C’est donc tout naturellement que le crochet de treuillage ou de catapultage vint prendre place sous le fuselage au niveau du bord d’attaque. Vous noterez aussi la présence d’une barre transversale de mise en altitude. Eh bien, je me suis dit que puisque j’étais déjà en train de charcuter le fuselage pour placer le crochet, deux trous de plus ça n’aurait pas changé grand chose, alors au diable l’avarice !

Centrage et débattements :

L’usage d’une radio programmable est, ici, recommandé afin de profiter pleinement des possibilités de la machine avec différents mixages.

Le centre de gravité du Moonlight se situe entre 60 et 70mm du bord d’attaque à l’emplanture en fonction de l’endroit où vous volez. Pour ce qui est des débattements, je vous donne les miens à titre indicatif. L’essentiel sur ce genre de machine étant de se sentir à l’aise ;vous les adapterez donc en fonction de votre pilotage.

- ailerons  : 20 mm vers le haut/ 15 mm vers le bas
- profondeur  : 15 mm vers le haut/ 13 mm vers le bas
- direction  : 15 mm vers le haut/ 15 mm vers le bas
- volets  : 3 mm vers le haut/ 10 mm vers le bas

Rock’n roll :

Moonlight à la plaine : Le premier vol s’est effectué en plaine avec quelques lancers à la main. Quelques petits pas face au vent et un lancer puissant plus tard, notre oiseau se retrouve à une altitude qui se révèle être moins importante que celle d’un lancer main classique (467g ça pèse dans la balance !). La remise à plat doit se faire relativement tôt afin de ne pas perdre la moitié de l’altitude gagnée. Après, un petit tour à gauche, un petit tour à droite et retour dans la mimine. Les commandes sont douces et précises mais il faudra piloter trois axes afin d’obtenir des trajectoires claires et nettes. En atmosphère neutre et sur un lancer correct, le Moonlight vaut à peu près 40 à 50 secondes selon le pilotage. La mise en spirale est facile si vous pilotez réellement trois axes et le planeur exploite parfaitement toutes les bulles qui passent à sa portée. Bref, vous l’aurez compris, cet appareil est capable de voler correctement à la plaine avec une mise en altitude à la main mais reste en dessous des performances d’un lancer main de perfo..

Après une heure, de lancers successifs, mon bras commençait à crier pitié. La petite catapulte fut donc sortie du coffre de la voiture et installée en toute hâte. Ce mode de mise en altitude est toujours très impressionnant car l’accélération est phénoménale et la restitution incroyable. Ne craignez rien, la structure encaisse sans broncher. Vous pourrez facilement atteindre une altitude de 40 à 50 mètres et voler pendant plus de deux minutes dans du neutre. L’utilisation d’un sandow est une autre alternative et permet de glaner encore quelques mètres.

Moonlight à la pente : Voyons voir ce que vaut notre petit rayon de lune à la pente. La pente utilisée pour ces test n’est en fait qu’une butte d’une dizaine de mètres de haut par une centaine de long. Le jour du premier essai, le vent est faible. Quelques Titolettas bataillent sec. Un petit lancer et c’est parti. Le vol est rapide sans être balistique. La prise d’altitude est très correcte et l’animal se retrouve rapidement au dessus de tout le monde. Petite prise de vitesse pour passer au ras de la crête et des antennes. Tient, ça siffle ! Je vais faire peur aux lapins avec mon machin. J’enchaîne les passages rapides avec virages serrés. Malgré une charge alaire relativement faible, le Moonlight restitue correctement pour son gabarit (c’est très plaisant). Je décide de reprendre un peu d’altitude afin de taquiner la voltige de base. Petite prise de badin afin de passer un renversement qui ma foi est tout à fait correct malgré le stab papillon. Le looping est une formalité. Le vol dos demande à être soutenu mais il ne faudra pas insister dans cette configuration sous peine de perdre pas mal d’altitude. Les tonneaux sont assez lents et demandent à être pas mal travaillés. Il est donc tout à fait possible de s’amuser un peu lorsque l’on en a assez de faire des allers-retours le long de la pente.

Conclusion :

Le modèle que vous voyez sur les photos accuse de nombreuses heures de vol. Vous pourrez noter quelques petites imperfections sur l’entoilage. Celles-ci sont dues aux nombreux atterrissages un peu rudes dans diverses ronces et buissons. Vous pourrez aussi remarquer que la cellule n’a absolument pas souffert malgré tous les outrages subits. Voilà qui rassurera certains d’entre vous sur la solidité générale de l’oiseau. Eh oui, le Moonlight est quasiment incassable. Après plusieurs mois d’essais, ce planeur se révèle parfaitement conforme à ce que je recherchais : c’est à dire une machine polyvalente, capable de voler en plaine comme à la pente en n’excluant pas la possibilité de voltiger gentiment quand le cœur vous en dit.

Caractéristiques techniques :

- Envergure  : 1800 mm
- Longueur  : 935 mm
- Surface alaire  : 27.195 dm²
- Allongement  : 11.9
- Effilement  : 0.5
- Corde à l’emplanture  : 180 mm
- Corde au saumon  : 90 mm
- Profil  : Selig 7061
- Masse  : 467 g
- Charge alaire  : 17.17 g/dm²
- Radio  : 4 voies/ 4 servos

Les plus :
- Qualité du kit et des matériaux
- Polyvalence
- Aile à D-Box
- Entoilage à l’Oralight

Les moins :
- Le prix
- Pas de carénages de servos

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