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Smart

mercredi 12 octobre 2005

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j’aime bien les petites machines. Alors quand j’ai su qu’il existait un micro-planeur ARF à fuselage fibre, le tout à moins de 500 frs (moins de 76 Euros pardon !) chez NPM ; je peux vous dire que j’ai filé comme un malade à Paris pour acheter la bête. Maintenant ma femme ne pourra plus me refuser d’emmener un planeur en vacances en prétextant le manque de place dans la voiture (VENGEANCE... ! ).

LE KIT :

Nous sommes en présence d’un carton de petite taille et d’une faible masse. Cette boîte ne brille pas par son aspect extérieur puisqu’elle est totalement blanche avec une photocopie couleur représentant le Smart une fois terminé. Mais ne portons pas de jugements hâtifs puisque ce qui nous intéresse, c’est ce qu’il y a dedans, n’est-ce pas ? On ouvre délicatement le carton ; et, la première chose qui saute aux yeux, c’est la taille de l’aile par rapport au fuselage ! En effet, l’envergure et à peine plus grande que la longueur. Il m’est d’avis, comme certains de mes confrères, que ce fuselage équipe également des planeurs d’une envergure plus importante. Bref ! Nous trouvons donc :
Un grand stab entoilé ; euh... non pardon ! Une petite aile terminée et entoilée à l’Oralight vert. Elle est constituée de quatre tronçons. Les panneaux d’extrémités sont simplement collés aux panneaux centraux qui sont, eux-mêmes, reliés entre eux par l’intermédiaire d’une clé en C.T.P. multiplis de 2mm. La particularité de cette aile est d’avoir son tiers avant fraisé dans du balsa plein. Il n’y a donc pas de longeron à proprement parlé mais plutôt un (D-box) tout en bois (du costaud quoi !). Les saumons sont également en balsa plein poncé en forme. Les trous pour le passage des vis de fixations sont renforcés par des œillets en plastique dur. Le profil utilisé ressemble à un Selig 4083 mais avec un intrados complètement plat et un bord d’attaque très affûté ; je pencherais donc plutôt vers un Selig 3021 aminci ou alors vers un MH32 ou alors un ...enfin je sais pas bien. Toujours est-il qu’il est drôlement fin de partout. Ce qui m’étonne avant tout, c’est la finesse du bord d’attaque qui laisse plutôt présager d’un vol peu confortable aux faibles vitesses (or, c’est, à priori, le domaine de vol d’un petit planeur deux axes peu chargé). On remarque, cependant un léger vrillage négatif en bout d’aile qui est sûrement là pour atténuer le décrochage aux grands angles. Nous verrons bien.

Le fuselage est en fibre de verre gelcoaté blanc de très belle qualité et très léger avec un plan de joint relativement discret. Les deux platines pour la fixation d’aile sont déjà posées ainsi que les écrous. Tous ces collages sont bien entendu réalisés à l’époxy. L’assise du stab est moulée et permettra, à priori, un alignement correct de cette surface.

Les empennages sont de type planche et livrés entoilés. Les articulations sont réalisées avec l’entoilage. C’est une bonne chose mais il faudra faire attention à l’usure car l’Oralight n’est pas réputé pour ses qualités de solidité.

On trouve également, au fond du kit, deux petites vis en nylon d. 3mm pour la fixation de l’aile, une petite platine radio en C.T.P., deux petits guignols, les gaines de commandes 2mm et les cordes à piano adéquates ( 0.8mm). Et pour finir, une représentation du modèle sur une feuille A3 en guise de plan de montage. Nous avons donc tout ce qu’il nous faut pour construire ce petit oiseau

L’ASSEMBLAGE :

Comme vous vous en doutez , le montage ne demandera que peu de temps (deux heures environ). Le Smart s’inscrit donc dans la ligné des avions construits le soir, en vol le lendemain. Le seul travail consiste à coller les empennages, poser les commandes et installer la radio. Avant de coller le stab, il vous faudra ôter une fine bande d’entoilage et dépolir le fuselage au niveau de la zone de contact. Il est préconisé de coller l’ensemble à l’époxy. En ce qui me concerne, j’ai préféré utiliser de la cyano pour éviter d’alourdir inutilement l’arrière. Pour la dérive, c’est à peine plus délicat. Elle a également été collée à la cyano plus renforts à la colle à chaud. J’en vois déjà qui froncent les sourcils. Que les anxieux se rassurent, sur ce genre de petites machines, les contraintes ne sont pas bien importantes et la cyano est, ici , amplement suffisante ; de plus le positionnement de la dérive en est réellement facilité et les bavures évitées. Vérifiez quand même la rectitude, ce n’est pas parce que c’est simple qu’il faut bâcler le travail. Pour ceux qui le souhaitent, il est possible de poser un petit tourillon en carbone dia. 4 à 6mm pour faciliter le lancer. Ce dernier sera placé en fonction de vos goûts. Pour information, certains le positionnent au niveau du bord de fuite et d’autres sous le bord d’attaque. C’est fini, je vous l’avais dit que ce ne serait pas bien long.

INSTALLATION RADIO :

Qui dit petit planeur, dit installation d’éléments radio de petite taille. C’est d’autant plus vrai, ici, que malgré une masse finale relativement faible, la charge alaire n’est quand même pas celle d’un lancer main classique vu la faible surface. Certains diront que j’exagère !Ok, il est vrai que je suis parfois un peu excessif mais bon tant qu’à faire léger, autant faire le plus léger possible. J’ai donc installé deux sub micro servos à la profondeur et à la dérive (des NS-1000). Le récepteur est un micro NPM 04 et l’accus un 4.8v 110mAh. Le pack est positionné le plus en avant possible, les servos suivent de près et le récepteur prend place sous l’aile. La platine radio livrée n’a pas été utilisée. J’ai préféré la remplacer par une en contreplaqué de balsa plus C.T.P. 0.8mm adaptée aux servos en question. En ce qui concerne la commande de direction, il vous suffit de percer un petit trou, dans le fuselage, sur la gauche de la dérive et de coller le tube guide sur la plus grande longueur possible afin d’éviter tout flambage. Pour la commande de profondeur, il suffit juste de tendre le tube guide dans le fuselage jusqu’à l’arrière. Le collage de ses tubes guides se fait à la cyano en prenant soin de presser fortement et longuement (beaucoup plus que d’habitude) car ce type de colle à du mal à prendre sur ce type de support. Enfilez, ensuite, les C.à.P. 0.8mm puis pliez à 90° au niveau des guignols. Pour ce qui est de la fixation du côté palonnier, j’ai utilisé des bagues réglables pour simplifiez les réglages.

FINITION :

Bon et bien, question finition, il n’y a pas grand chose à faire à par la fixation de la verrière. Elle se fixe, au fuselage, grâce à deux languettes en époxy collées sur deux petits supports en balsa. Ce type de fixation est devenu classique mais on aurait préféré une corde à piano collée à l’époxy pour plus de longévité. Remarquez que la modification n’est pas bien difficile à réaliser. Dans mon cas, j’ai laissé le système d’origine afin de voir combien de temps cela durerait. C’est donc après quatre ou cinq mises sous tension que les petites languettes se sont décollées ! C’est donc vers la bonne et vielle méthode du scotch que je suis tourné (rapide, léger et efficace !).

EN PISTE :

L’avantage de ce genre de petites machines, c’est que l’on n’est absolument pas stressé en ce qui concerne le premier vol. Bien que, comme je vous le disait précédemment, la charge alaire ne soit pas mirobolante et que l’allongement soit plus celui d’un avion que celui d’un planeur, c’est le cœur léger que je m’en vais pour les premiers ébats de la bête. Le Smart a été testé avec différents types de mise en altitude. C’est donc, après de nombreux essais dans des sites aussi divers que variés, que je vais vous rendre mon verdict sur ce petit planeur.

Lancer main :

On se place face au vent et une petite pichenette afin de prendre un premier contact avec la bête. Le Smart file droit mais a tendance à se cabrer. Je vérifie le centrage. Tiens c’est bizarre tout est correct !Je recommence et rebelotte. Bon d’accord, il y a quelque chose qui pêche. J’installe une petite cale de 1mm sous le bord de fuite. Ah, ça va mieux ! Maintenant que tout semble correct, je décide de lancer beaucoup plus fort. Le Smart monte haut mais un poil moins qu’un lancer main classique et beaucoup moins qu’un S.A.L.. Il est ici nécessaire de le remettre rapidement à plat afin d’éviter de perdre la moitié de l’altitude glanée par le magnifique effort musculaire que l’on vient de produire. La mise en virage est efficace (voir un peu trop) malgré la petite dérive (le double dièdre y est certainement pour quelque chose). Je vous conseille donc de mettre pas mal d’expo. sur cet axe, tout en gardant du débattement, afin de garder de la défense dans le vent. Après la remise à plat, le Smart file allègrement. Le plané est correct sans être celui d’un L.M.. Le décrochage intervient assez tôt (il faut le savoir) mais est dans l’axe et se rattrape en 3 mètres (le profil n’y est certainement pas étranger). Dans les virages, il faut incliner très légèrement et bien soutenir à la profondeur sous peine de voir notre bestiau perdre pas mal d’altitude ; et étant donné le mode de lancement, on se retrouve assez vite au sol. Un petit coup d’œil sur le chrono de la radio : 30 sec. !Sic... ! Il va falloir que je commande un nouveau bras droit pour Noël. Après plusieurs essais de lancers, c’est toujours autour de ce temps de vol que le Smart évolue (dans une atmosphère neutre). Il est évident qu’il ne fallait pas s’attendre à accrocher la minute. Je regarde Marc et lui propose de mettre en place le petit sandow qui traîne au fond du coffre de la voiture.

A la catapulte :

Mon sandow est en réalité une toute petite catapulte constituée de 10m de caoutchouc 6mm et 20m de fil nylon. Un petit crochet est donc installé en toute hâte sous le bord d’attaque de l’aile. Marc tire le planeur en arrière en me regardant d’un air pas très rassuré. Je le sent hésitant. Le caoutchouc n’étant pas du tout tendu, je lui dit de reculer encore d’une dizaine de mètres. Au moment du lâcher, les vis nylon décident de casser net. Heureusement, le nœud au niveau de l’anneau en fait de même ce qui évite à mon cher compère d’aller chercher le fuselage au loin. N’ayant pas de vis nylon de rechange, j’installe des vis métal afin de supporter le catapultage (déjà pas bien violent). Marc tend de nouveau la catapulte, lâche le planeur et quand il passe au dessus du tire-bouchon, je tire comme une brute pour le faire monter le plus haut possible. L’altitude atteinte est bien évidemment plus importante qu’en lancer main et permet d’évoluer un peu plus longtemps et de chercher si quelque pompinette se cache dans les parages. Bref, c’est beaucoup plus amusant et ça permet de rentrer à la maison avec une épaule en bon état. Parce que je vous assure que de relancer toutes les 30 secondes pendant deux heures, ça fatigue un peu.

A la pente :

La dernière étape des essais du Smart s’est faite à la pente. Dans notre cas, une petite butte d’une dizaine de mètres orientée face au vent (évitez la tempête quand même) permet de pouvoir s’amuser un petit peu. La vivacité du Smart, en virage, est ici un avantage pour pouvoir se défendre face au vent et virer court pour éviter les copains qui vous prennent pour cible. Notre petit oiseau se révèle très amusant à la pente, à tel point que je me suis risqué à la voltige de base réalisable par un deux axes. Je sais bien que ce n’est pas la vocation du bestiau, mais ça me démangeais. Le looping est une formalité mais est de faible diamètre, le Smart ne restituant pas du tout la vitesse qu’il emmagasine. Le tonneau barrique et nécessite de bien pousser dans la phase dos. Le vol dos est possible mais la perte de vitesse qui s’en suit amène rapidement au décrochage. En ce qui concerne le renversement, la faible inertie du Smart ne lui permet pas de remonter bien haut et c’est relativement tôt qu’il faudra botter pour obtenir une figure qui reste toutefois assez peu académique. Un petit mot sur la solidité générale. Malgré tous les outrages subis (et quand je dit outrages, je suis gentil), il se révèle être quasi indestructible.

CONCLUSION :

Ce petit planeur n’est ni un lancer main, ni une bête de voltige, ni le roi de la pente. Cependant il n’en demeure pas moins attachant par son petit caractère bien à lui. Il s’avère que notre petit Smart n’a peur de rien. Il accompagnera avec plaisir le débutant qui ne souhaite pas commencer avec une machine plus grosse, servira de cible à des lancer mains avides de contacts, voltigera gentiment si le cœur vous en dit et rentrera tout monté dans la voiture. Bref, une machine sans prétentions de gloire mais néanmoins très sympathique et à emmener partout.

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES :

- Envergure  : 832mm
- Longueur  : 795mm
- Allongement  : 5.53
- Effilement  : 0.79
- Surface alaire  :  12.5 dm²
- Charge alaire  : 17.92 g/dm²
- Masse  : 224g
- Profil  : S3021 aminci ?
S4083 raboté à l’intrados ?