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Tiger moth GWS

mercredi 12 octobre 2005

GWS est avant tout connu pour ses servos qui sont vendus sous de nombreux formats et de non moins nombreuses appellations mais aussi pour ses motorisations et fameuses hélices oranges qui ont révolutionné le vol indoor, permettant à ce dernier de s’affranchir des quelques menus bricolages plus ou moins laborieux de ses débuts. Aujourd’hui, le fabricant asiatique propose une gamme d’avions en expansé et Depron adapté à ses motorisations et servomoteurs.

Depuis quelques temps déjà, je souhaitais me fabriquer une machine capable de voler dans un mouchoir de poche et un peu partout sans aucun stress. Mais le peu de temps disponible dû à la construction d’autres modèles m’obligeait à reporter le projet à un jour qui s’annonçait assez lointain.

C’est lors du salon de la porte de Versailles que j’ai découvert la gamme GWS et en particulier ce petit Tiger Moth de 80cm d’envergure tout en polystirène, déjà peint et équipé de sa propulsion réductée. Quelques jours de réflexion et un coup de folie plus tard, le prix dérisoire de ce kit aidant, je repartais du magasin avec le tout petit carton sous le bras et la ferme intention de voler avant le coucher du soleil.

LE KIT :

La boîte de faibles dimensions (57x21.5x11cm) est superbement décorée et agrémentée de belles photos de la machine en ordre de vol. Elle renseigne également sur les caractéristiques générales du modèle. On remarque de suite que les lignes de l’avion sont simplifiées au maximum et que les accessoires accentuant le réalisme néants. Ainsi, point de verrière, ni aucun marquage sur les ailes et empennages. Ici, tout est réduit à sa plus simple expression. Je décide donc d’emblée que mon nouveau compagnon de jeu se verra attribuer quelques petites fantaisies afin d’atténuer un peu ce côté fort simpliste.

Bref, ouvrons vite la boîte et découvrons ensemble ce qu’il y a de bien beau là-dedans.
Nous trouvons soigneusement rangés :
- deux demi coquilles en expansé peint en jaune qui constitueront le fuselage
- deux ailes pliées en deux (c’est bien la première fois que je vois ça ! vive le Depron) et déjà peintes
- une planche de Depron estampée avec le stab, dérive et autres appendices aérodynamiques
- deux plaquettes en ABS blanc estampées avec les haubans, la cabane et quelques renforts
- un capot moteur en deux parties déjà peint en noir
- un groupe motopropulseur réducté avec son hélice 9x7 et son cône de sécurité (souple)
- un sachet d’accessoire comprenant tout l’accastillage tel que vis Parker, élastiques, double face, etc...
- un autre avec les roues de type indoor et le train plié en C.à.P.
- un tube de colle adaptée au poly.
- des accessoires en grappes tels que guignols, chapes, etc...
- deux tourillons de hêtre et un bout de balsa faisant office de support moteur
- deux planches d’autocollants
- et pour finir une notice de montage tout en couleur (malheureusement en anglais encore une fois)

Voilà qui termine l’inventaire de la chose. Pour mener à bien la construction, je vous invite à acheter quand même de la cyano spéciale poly et une bombe de peinture adaptée à ce matériau car la construction laissera quelques traces. Prévoyez également un cutter bien affûté et de l’accélérateur de cyano.
Nous reviendrons plus tard sur l’équipement radio qui est au jour d’aujourd’hui devenu, malgré sa taille, d’un prix tout à fait raisonnable, et dont bon nombre de modélistes dispose déjà.

ASSEMBLAGE :

L’assemblage de l’animal est assez simple et le débutant ne sera pas perdu tant les illustrations de la notice sont claires malgré la langue employée. En fait, il suffit juste de faire ce que les doigts de la dame font et vous vous retrouverez avec un zoli navion tout prêt à voler trois heures après. Cependant, parce qu’il y a toujours un cependant, j’ai modifié deux trois petites choses (on ne se refait pas). Je m’en vais aussi vous conter ce qu’il ne faut surtout pas faire (j’ai testé pour vous). L’assemblage fait ici intégralement appel à la cyano poly.

Tout d’abord, le bâti moteur et le patin de queue (un guignol en fait) sont collés sur un des deux flancs. Ensuite il faut appliquer la cyano sur tout le pourtour du premier flanc et venir appliquer le second en lieu et place. L’ensemble est maintenu pendant séchage avec du ruban adhésif. Par contre, ne posez pas le côté adhésif du ruban contre le flanc (ce que j’ai fait) car quand vous l’ôterez, la peinture viendra aussi avec. Enfin, je vous dis ça mais bon, c’est juste pour vous éviter une petite couche de peinture supplémentaire. Car comme nous l’indique l’importateur, chaque couche de peinture en sus accroît la masse de 15 à 25g. (ah quand même !).

Tous les petits renforts en ABS sont collés sur le fuselage dans les échancrures prévues. L’aile inférieure est ensuite dépliée puis maintenu au bon dièdre grâce à un bout de double face (fourni)et à la plaque d’ABS jaune livrée (pliée au bon angle). Il n’est ici besoin d’aucun collage puisque la partie inférieure de la plaque ABS est autocollante. Faites de même pour l’aile supérieure qui nécessitera, quand même, l’utilisation d’un bout de ruban adhésif afin d’épauler les frêles bandes de double face utilisées. Détachez le stab, la dérive ainsi que leur surfaces mobiles respectives de la planchette de Depron et assemblez moi tout ça à l’aide de Scotch. Les tourillons de fixation de l’aile inférieure seront insérés en place avec adjonction d’une petite goutte de cyano adaptée à la matière.

C’est le moment où l’on choisi de peindre ou non les haubans et la cabane. Si vous décidez de le faire, dépolissez les surfaces et un petit coup de bombe plus tard, fixez-les à l’aile supérieure. Maintenez les collages avec des bandes de ruban adhésif.

Une fois que tout est sec, amenez l’aile supérieure sur l’aile supérieure et vissez la cabane sur les renforts latéraux du fuselage. Les haubans seront collés sur l’aile inférieure selon le même procédé que pour l’aile supérieure. Un petit mot sur la cabane : elle est d’une souplesse à faire pâlir une guimauve. Je l’ai donc rigidifié en collant quelques bouts de corde à piano 0.8mm par l’intérieur.

En ce qui concerne le train, il est inséré dans son logement et j’ai préféré bloquer le tout avec une chute de baguette balsa 4x4 plutôt que de laisser la chose libre de tout mouvement longitudinal.

Ben voilà, nous voilà presque au bout. Encore un peu de courage, les premiers vols sont pour bientôt.

INSTALLATION MOTEUR :

Autant vous prévenir tout de suite, ce n’est pas encore ici que l’on va se faire violence. Le groupe motopropulseur est simplement enfoncé en force sur son support. Voilà ! Pas difficile hein ? Le variateur n’est autre qu’un minuscule NES 04 qui est on ne peut plus suffisant pour l’application du jour est fixé contre le flanc intérieur par un petit bout de double face. L’alimentation est confiée à un pack de sept éléments Nimh de 250mAh qui confère une autonomie surprenante à notre bestiole si vous gérez correctement les gaz. Il est en effet possible de voler un peu plus de quinze minutes dans ces conditions.

En ce qui concerne le capot, il y a un peu plus de travail. Découpez les deux demi coquilles et assemblez-les via une petite chute de ce matériau. Ce plastique à la magnifique faculté de très bien réagir à la cyano fluide de base. Collage rapide et solide assuré. Une petite touche de peinture noire pour cacher tous les petits défauts et le tour est joué. L’hélice est simplement enfilée sur l’axe moteur et fixée grâce au petit écrou qui va bien. Le cône de sécurité en caoutchouc mou vient sécuriser l’ensemble. Il est simplement enfilé en force sur l’axe moteur.

INSTALLATION RADIO :

L’équipement radio doit impérativement être de taille sub-micro. Ne vous inquiétez pas, le prix de ce type d’équipement a énormément baissé depuis quelques années. Il vous en coûtera une centaine d’euros pour un équipement radio complet. Nous trouvons donc deux servos de 5,4g à la profondeur et à la direction. Ils actionnent les commandes via les cordes à piano fournies. Ces dernières débouchent à l’arrière du fuselage par deux ouvertures que vous aurez réalisé au préalable. La notice préconise de fixer ces deux servos directement contre les flancs via du double face. J’ai préféré confectionner une petite platine en CTP 0.8mm plus balsa 10/10. Ce choix est imposé par le fait que je n’ai pas que l’intention de voler tranquille (vous voyez le genre). Il faut donc prévoir une fixation adéquate pour le genre d’exercices auxquels je le prédestine.
Le récepteur (NPM 05) est fixé contre le fuselage de la même manière que le variateur.

FINITION :

Comme je vous le disais un peu plus haut, ce chtit Tiger est livré brut de fonderie. Il n’est donc pas bien difficile d’améliorer les choses. Ainsi, après collage des autocollants, j’ai découpé deux verrières dans une bouteille d’eau minérale. Dépolie, peintes à l’Humbrol puis collées à la cyano et nous voilà avec quelques chose de bien plus agréable à l’œil. Quelques marquages fantaisistes ont également été dessinés afin d’égayer tout ce petit monde.
Ben voilà, y’a plus qu’à courir vers le premier terrain de foot du coin pour tester notre petit tigre mou. Allez zou en piste !

EN PISTE :

Le premier vol s’est effectué quatre heures après l’achat de la bestiole. Direction le stade de football de Thiais et après autorisation du gardien, je lance le bestiau pour une première rencontre avec son élément. Le vent est quasi nul ce jour-là. Il parait que c’est mieux pour ce genre de machine, mais en fait, mes expériences postérieures prouveront que l’animal se défend plus que certaines machines dans des conditions pas toujours très raisonnables. Bref, Par temps calme, le Tiger Moth évolue avec grâce et facilité, les gouvernes répondent bien. Malgré le fait que cet avion ne soit qu’un petit deux axes, la réponse en roulis est claire et nette, le temps de réponse est quasi nul et l’animal peut virer très très court. La profondeur est également très précise mais les limites de la motorisation freinent la bonne motivation de cet axe surtout en ce qui concerne les phases ascendantes. Remarquez que l’on n’est quand même pas en présence d’une bête de voltige mais plutôt d’un petit oiseau pour s’amuser à loisir. Bref, le vol dans ces conditions et d’un amusement total et l’on se prend vite au jeu de faire des ronds autour de soi avec un saumon à deux centimètres du sol. Pour ce qui est des figures de voltige, la seule vraiment réalisable est le looping qui nécessite une petite prise de vitesse et une ressource tout en douceur car les ailes plient fortement. N’ayez aucune crainte quant à la flexibilité des ailes, c’est cette dernière qui est garante de la solidité générale de l’oiseau. L’atterrissage est d’une facilité déconcertante mais il faudra faire attention à bien arriver à plat sous peine de faire frotter l’hélice qui présente une garde au sol relativement faible. Dans ces conditions, l’oiseau se comporte véritablement comme un indoor avec une vitesse de vol en parfaite adéquation avec le vol en lieux clos. Ce pour quoi il a d’ailleurs été conçu.

Bon maintenant, passons aux choses sérieuses. Mon petit Tiger était de la fête à deux des plus prestigieuses manifestations électriques de notre bon vieux pays, et autant vous dire que l’animal a fait forte impression et à prouver à plus d’un que les indoors sont capables d’évoluer en extérieur même avec pas mal de vent.

Tout d’abord Crespières : Pour une fois, ce n’est pas le soleil qui accompagna cette journée de passionnés, mais plutôt une pluie omniprésente et un vent bien présent agrémenté de belles turbulences. Après une bonne dizaine de cafés pris sous le marabout, mis en place par les organisateurs, je commence à m’ennuyer un peu. Je décide donc, malgré les regards éberlués et les Houla de la foule en délire, de lancer ma petite guêpe sans grand espoir je dois vous l’avouer. Et bien c’est tout aussi surpris que les autres pilote que je voyais évoluer mon petit Tiger, bravant fièrement les éléments avec une grâce de bourdon secoué par la tempête. Malgré tout, ce ne sont pas moins d’une dizaine de vols qui furent effectués ce jour-là ; le pilote se protégeant de la pluie sous le marabout alors que le petit Tiger se mouillait les plumes avec une hardiesse invraisemblable.

Elec’Trophy : cette rencontre fut celle de toutes le audaces. Une fois de plus mon nouveau compagnon de jeu prouva qu’il avait plus d’une corde à son arc. Diverses épreuves plus loufoques les unes que les autres furent tentées avec les potes. Tout d’abord le sauté de Tiger. Bon Eric, dès qu’il arrive, tu cours et tu sautes par-dessus ok ! Ainsi fut dit ainsi fut fait mais finalement ce n’était pas assez osé. Guillaume décida donc de tenir le bout de l’antenne de ma radio et me défia de faire passer la bébête sous cette dernière ! Sic ça commence à devenir chaud. Attention ! Premier essai ouf ça passe tranquille, on baisse un peu à l’instar de danseurs de limbo jamaïcains et zouuuuuuuuuuuupppppppppppppp whaaaaaaaaaaazaaaaaaaaaaaaaaa trop fort ! Bon maintenant il est temps d’oser l’impossible Eric et Guinôme forment un losange en se tenant les mains. Là il n’y a pas beaucoup de place. Banzaï ! Attention et hop un ti coup d’aile dans les côtes d’Eric, mise en vrille à plat et au tas. On relance et on recommence !
Passons à autre chose. Je m’allonge sur le ventre et baisse la tête, le jeu est à présent de passer le plus près au dessus de ma tête, après deux passages à rendre jaloux mon copain coiffeur, Guillaume (encore lui !) m’invite à se poser sur son dos. Bon ben je ne peux pas refuser une offre pareille. Et Hop un petit appontage humain. On en rigole encore. Il est maintenant temps de recharger les batteries de l’avion et du pilote. Les quelques sangrias bien fraîches ainsi que le traditionnel repas du samedi soir remettent les esprits en effervescence. Le vin aidant, les esprits s’échauffent. La nuit arrive et il est temps d’accrocher les Starlights pour faire un peu de vol nocturne.
J’en fixe un à chaque saumon et un en haut de la dérive. Ces trois points verts m’aideront à faire évoluer le tigre mou en conditions ultimes. J’admire le spectacle d’un magnifique Hercules tous feux allumés. Guillaume et Laurent sont prêts avec leurs Soarstar et Geebee. Jean-Michel est également de la partie avec un Sky surfer équipé en conséquence. Le vol qui s’en suit restera gravé dans les mémoires. Piloter trois points verts dans les cieux obscurs est une expérience inoubliable. La nuit nous enhardie encore un peu plus et je décide de poser sur le GeeBee de laurent. Lequel porte encore les stigmates de cet accouplement hors normes. Il est temps d’aller se coucher car la journée du lendemain s’annonce tout aussi folle.
Le lendemain le vent a forci le Tiger Moth s’en sort encore pas mal sauf au cinquième lancer où les ailes décident d’applaudir sous les rires des pilotes restés près de leurs avions. Vingt minutes, plus tard, à grand renfort de cyano et de Scotch, notre petit bourdon reprendra les airs sous les regards hallucinés de certains confrères.

CONCLUSION :

Ce petit Tiger Moth est une réussite indéniable. Non seulement il vole dans presque toutes les conditions malgré son poids plume (et les pilotes présents pourront en attester) mais il est proposé à un tarif défiant toute concurrence. Le pilotage en conditions calmes et à la portée de n’importe quel débutant et la solidité, à toute épreuve de la structure, évitera de devoir réparer après chaque atterrissage manqué.

Par contre, n’importe quel pilote chevronné se régalera aux commandes de cet avion. Que ce soit en salle ou en extérieur par vent calme ou plus présent, les seules limites de la machine seront celles de l’imagination du pilote en ce qui concerne les folies qu’il pourra faire avec. Je vous souhaite de bons vols avec votre Tigre mou et surtout de prendre autant de plaisir que moi dans des évolutions toujours plus loufoques qu’osées.
Jérôme

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES :

- Envergure  : 800mm
- Longueur  : 670mm
- Surface alaire  : 18,6dm²
- Masse annoncée  : 215 à 275g
- Masse obtenue  : 236g
- Charge annoncée  : 11,6g/dm²
- Charge obtenue  : 12,7g/dm²
- Moteur  : IPS-DX2B-AXC
- Hélice  : GWS 9x7
- Accus  : 7 éléments 250mAh Nimh
- Radio  : 3v/2servos (5,4g)
- Variateur  : Nes 04

Ce que j’ai aimé :
- Préfabrication poussée
- Prix sans aucune concurrence
- Qualités de vol
- Tolérance face au vent
- Autonomie
- Côté attachant

Ce que j’ai moi aimé :
- Livré brut de fonderie
- Cabane un peu souple

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