
La seconde étape doit également être opérée avant équipement du fuselage : il s’agit de la pose du crochet de catapulte. Je l’ai positionné à la hauteur du bord d’attaque, et après essais, c’est la bonne position. Mais ce crochet ne peut en aucun cas être utilisé pour du treuil ou du sandow : il faudrait le reculer, mais il tomberait en vis à vis du trou de vissage et empêcherait le montage de l’aile, dommage... J’ai collé à l’intérieur du fuselage une plaquette CTP 1mm de 15x50mm, renforcée par un tissu de verre 50 gr/dm2 fixé à la résine. Après séchage puis perçage du fond de fuselage, il suffit de visser le crochet (GRAUPNER) et hop, le plus dur est fait ! En voilà une vue :

Avant la suite, il est encore temps de glisser en force et pousser quelques morceaux de mousse dure répartis dans la queue du fuselage pour éviter aux gaines de flamber et de créer un jeu néfaste pour la précision des commandes. Dernière étape préparatoire : la platine servos. Alors là, il faut bien préparer son coup. J’ai utilisé 2 pico-servos EUROLINE PICO-POWER (dispo chez TOPMODEL) car ils sont légers, petits, rapides et à très faible jeu. De toute façon, seuls des servos de ce type permettent un montage côte à côte et évitent ainsi des maux de tête indescriptibles pour essayer de tout faire rentrer. ATTENTION : avant de coller la platine, il faut faire un montage à blanc de tout l’équipement pour s’assurer que :
les servos ne touchent pas le fond du fuselage,
les guignols servos ne se bloquent par sur l’appui de verrière,
l’accu peut être introduit et enlevé sans découper le fuselage (je plaisante !)
le récepteur peut encore se faufiler dans l’arrière du fuselage. Dans mon montage, tout rentre avec une "large" marge de 1 mm ... La platine peut alors être pointée à la cyano, collée à l’époxy puis renforcée par un tissu de verre (30 à 50 gr/dm2) qui remonte bien sur les flancs du fuselage.

Passons enfin aux choses sérieuses : les commandes. Je n’avais pas confiance dans les guignols en "tige tordue" de MULTIPLEX (peut-être à tord, mais quand on le sent pas ...). J’ai donc collé à la cyano des guignols spécifiques empennage en V (GRAUPNER) après avoir inséré et formé en baïonnette les deux CAP. Encore une fois, faire des essais avant collage pour s’assurer du bon axe de tout ça et de l’utilisation complète et symétrique des courses des volets :


Et maintenant, l’épreuve de force pour les nerfs ... l’installation radio. Pour éviter tout jeu superflu (risque de flutter), j’ai préféré ne pas monter de chape côté servo ! ! ! Il suffit juste (hum ...) de tordre les CAP juste en vis-à-vis des trous des guignols des servos et le tour est joué. Résultat : pas un poil de jeu , super ! ! ! Il ne reste alors qu’à s’exciter pour enfiler le récepteur derrière la platine (dans mon cas un GRAUPNER R700) et l’accus (dans mon cas : 4 éléments NiCd 350 mA). Pas la peine de s’inquiéter pour l’interrupteur, il n’y a pas la place (connexion par 2 rallonges). Seul subsiste un petit emplacement pour le lest de centrage. Pour ce dernier, j’utilise des olives de pêche, puis je complète avec des pièces de monnaie : c’est précis et reproductible lors des essais de centrage. Le tout est stocké dans un petit sachet plastique, coincé sur le flanc de l’accus :

Pour me détendre, j’ai modifié la fixation de verrière :la corde à piano fixée à l’intérieur est rigide (ouverture/fermeture très énervante...) et l’appui de verrière n’est pas d’un ajustage parfait (ouvertures gênantes en vol). J’ai donc supprimé la CAP, et j’ai fixé la verrière avec une charnière et un verrou en scotch "cristal". Le résultat : simple et parfaitement efficace. Et voilà, le montage est terminé. Il aura pris également une dizaine d’heures, réparties sur quelques soirées pour respecter les temps de séchage. Résultat des courses : 645 grammes (lest inclus), tout se présente parfaitement bien. Et maintenant, passons aux réglages !
Centrage La notice propose 57 mm pour commencer, et la limite max de 59 mm. J’ai commencé à 59 mm, mais j’ai fini à 61 mm du bord d’attaque ! Voir les essais en vol... Pour cette dernière valeur, j’ai ajouté 33 gr de lest près de l’accu réception.
Courses Déjà plus faciles à faire, voici les réglages que j’ai adoptés après quelques vols : ("+" signifie vers le bas)
profondeur : +5/-5 mm , avec 25% d’exponentiel
dérive : +5/-5 mm , avec 50% d’exponentiel
ailerons : +9/-11 mm , avec 50% d’exponentiel
aérofreins : +10 mm (si, si c’est bien les ailerons vers le bas !)
Mixages
aérofreins donne profondeur : profondeur abaissée de +1mm pour pleins aérofreins
profondeur donne volets : ailerons à +5/-5 mm pour toute la course de la profondeur
différentiel d’aileron : 20%
mode "durée" : ailerons baissés de 5 mm (sur switch en bout de manche)
mode "vitesse" : ailerons relevés de 1 mm (sur switch en bout de manche) Et voilà, peu de réglages, mais à mener précisément et à affiner selon les goûts de chacun.... De toute façon, il ne vaut mieux pas compliquer la configuration par de multiples switch et mixages, car la bête vole suffisamment vite pour que l’on n’ait pas le temps de s’en servir ou de se déconcentrer ! ! !
émetteur et récepteurs allumés ...
trims correctement réglés
catapultage bien face au vent pour ne pas trop dévier la trajectoire (mais ce n’est pas dangereux) L’accélération s’opère bien horizontal, puis ressource presque verticale et arrondi avant chute de la vitesse. Chaque tir monte à environ 75-100 mètres, ce qui donne en moyenne 1à 2 minutes de vol sans ascendance selon les bêtises faites durant la descente. Je ne tire cependant pas toujours au maximum des possibilités de la catapulte, car un tout petit flutter d’empennage semble apparaître (mais à une vitesse d’éjection déjà inavouable...). Par contre, aucune ombre de tendance d’once de début de flexion de l’aile ! VOL LENT : Pour transformer le véloce Scorpion en adorable agneau, il suffit de baisser les ailerons de quelques mm. Il ralentit très nettement, perd un peu en finesse mais permet de centrer de petites ascendances ou traverser paisiblement une zone un peu porteuse. IL est indispensable de soigner les 3 axes pour ne pas s’enfoncer en virage. Néanmoins, aucune tendance au décrochage vicieux ! Son allure de rapace et ses ailes elliptiques ne le laissaient pas présager ! On peut même s’offrir des virages grande incidence à faible vitesse sans décrochage. Ca tient du miracle ! Une autre méthode consiste à lui tirer un peu la profondeur, il adopte alors une allure de vol plus calme, mais ce n’est pas aussi stable qu’avec les ailerons baissés, car dès que l’on lui baisse le nez, il repart comme une fusée. En résumé, sa très large palette de vitesse lui permet donc d’accrocher sans aucun problème des pompes, même faibles ou étroites. Le décrochage arrive vraiment tard, en prévenant bien : le Scorpion ralentit, devient mou, bat des ailes, clignote et pousse un cri (mais non, je rigole !) et décroche enfin pour se rattraper (tout au neutre) environ 5 mètres plus bas. Rien de bien méchant (je vais peut-être encore reculer le centrage ?) VOL RAPIDE : Un seul mot : c’est un faucon ! Il n’est pas nécessaire de relever les ailerons, il file comme un éclair et surtout sans aucun bruit ! Bravo à CCM pour la minimisation des traînées parasites et pour le choix des formes et profils. Il suffit donc de lui baisser le nez pour qu’il s’installe sur sa trajectoire et n’en bouge plus ! Il n’en bouge plus du tout ! ! Non, plus du tout ! ! ! ! ! un coup d’aileron bref pour le passer sur la tranche, et il fait demi-tour sur place dès la profondeur tirée. Et toujours aucune tendance au décrochage même si on tire exagérément. En résumé, un sacré fonceur, et silencieux de surcroît. Et là encore une finesse exceptionnelle, qui sidère tout le monde par le nombre de traversés de terrain sur un seul catapultage. Je n’ai pas encore tenté trop d’acrobatie (quelques boucles et vols dos...) car j’ai du pain sur la planche pour apprivoiser toutes les ressources de la bête. Si vous êtes intéressé par des essais poussés en grande vitesse, vous pouvez vous reporter à l’article de Pierre ALBAN dans le RCM n°248 : il l’a torturé en vol de pente sous toutes ses coutures... C’est le Scorpion qui a gagné ! ATTERRISSAGE : Aucun doute, la finesse est là. J’ai dû rater au moins 20 atterrissages avant de me persuader qu’il fallait le présenter en entrée de terrain à un mètre de haut pour espérer se poser 50 mètres plus loin pleins aérofreins sortis... Comme précisé dans le chapitre vol lent, il est même possible de prendre le dernier virage lent à forte incidence sans décrocher. Une petite anecdote pour le prouver : De nombreux candidats étaient venus s’entraîner à l’AMCY pour le concours lancer main EURO-TOUR du lendemain. Résultat, une quinzaine de lanceurs et chronométreurs éparpillés sur le terrain, et des planeurs un peu partout en l’air. Pas de problème , approche lente aux aérofreins, et slalom géant (aux grandes incidences et à faible vitesse) entre les lanceurs pour poser le Scorpion à chaque fois près de moi ! (Si j’avais senti que la bête ne le permette pas en toute sécurité, je me serais bien évidemment abstenu ! !)
TOPMODEL : http://www.topmodel.fr/f_acc_frame.htm
NPM : http://newpower-modelisme.com
PS : je vous ferai peut-être bientôt un petit article sur les catapultes, avec des photos du Scorpion en vol ! Pour tout renseignement complémentaire, mon adresse Email : angiwe@club-internet.fr