GWS est avant tout connu pour ses servos qui sont vendus sous de nombreux formats et de non moins nombreuses appellations mais aussi pour ses motorisations et fameuses hélices oranges qui ont révolutionné le vol indoor, permettant à ce dernier de s’affranchir des quelques menus bricolages plus ou moins laborieux de ses débuts. Aujourd’hui, le fabricant asiatique propose une gamme d’avions en expansé et Depron adapté à ses motorisations et servomoteurs.
Depuis quelques temps déjà, je souhaitais me fabriquer une machine capable de voler dans un mouchoir de poche et un peu partout sans aucun stress. Mais le peu de temps disponible dû à la construction d’autres modèles m’obligeait à reporter le projet à un jour qui s’annonçait assez lointain.
C’est lors du salon de la porte de Versailles que j’ai découvert la gamme GWS et en particulier ce petit Tiger Moth de 80cm d’envergure tout en polystirène, déjà peint et équipé de sa propulsion réductée. Quelques jours de réflexion et un coup de folie plus tard, le prix dérisoire de ce kit aidant, je repartais du magasin avec le tout petit carton sous le bras et la ferme intention de voler avant le coucher du soleil.
Bref, ouvrons vite la boîte et découvrons ensemble ce qu’il y a de bien beau là-dedans. Nous trouvons soigneusement rangés :
deux demi coquilles en expansé peint en jaune qui constitueront le fuselage
deux ailes pliées en deux (c’est bien la première fois que je vois ça ! vive le Depron) et déjà peintes
une planche de Depron estampée avec le stab, dérive et autres appendices aérodynamiques
deux plaquettes en ABS blanc estampées avec les haubans, la cabane et quelques renforts
un capot moteur en deux parties déjà peint en noir
un groupe motopropulseur réducté avec son hélice 9x7 et son cône de sécurité (souple)
un sachet d’accessoire comprenant tout l’accastillage tel que vis Parker, élastiques, double face, etc...
un autre avec les roues de type indoor et le train plié en C.à.P.
un tube de colle adaptée au poly.
des accessoires en grappes tels que guignols, chapes, etc...
deux tourillons de hêtre et un bout de balsa faisant office de support moteur
deux planches d’autocollants
et pour finir une notice de montage tout en couleur (malheureusement en anglais encore une fois)
Voilà qui termine l’inventaire de la chose. Pour mener à bien la construction, je vous invite à acheter quand même de la cyano spéciale poly et une bombe de peinture adaptée à ce matériau car la construction laissera quelques traces. Prévoyez également un cutter bien affûté et de l’accélérateur de cyano. Nous reviendrons plus tard sur l’équipement radio qui est au jour d’aujourd’hui devenu, malgré sa taille, d’un prix tout à fait raisonnable, et dont bon nombre de modélistes dispose déjà.
Tout d’abord, le bâti moteur et le patin de queue (un guignol en fait) sont collés sur un des deux flancs. Ensuite il faut appliquer la cyano sur tout le pourtour du premier flanc et venir appliquer le second en lieu et place. L’ensemble est maintenu pendant séchage avec du ruban adhésif. Par contre, ne posez pas le côté adhésif du ruban contre le flanc (ce que j’ai fait) car quand vous l’ôterez, la peinture viendra aussi avec. Enfin, je vous dis ça mais bon, c’est juste pour vous éviter une petite couche de peinture supplémentaire. Car comme nous l’indique l’importateur, chaque couche de peinture en sus accroît la masse de 15 à 25g. (ah quand même !).
Tous les petits renforts en ABS sont collés sur le fuselage dans les échancrures prévues. L’aile inférieure est ensuite dépliée puis maintenu au bon dièdre grâce à un bout de double face (fourni)et à la plaque d’ABS jaune livrée (pliée au bon angle). Il n’est ici besoin d’aucun collage puisque la partie inférieure de la plaque ABS est autocollante. Faites de même pour l’aile supérieure qui nécessitera, quand même, l’utilisation d’un bout de ruban adhésif afin d’épauler les frêles bandes de double face utilisées. Détachez le stab, la dérive ainsi que leur surfaces mobiles respectives de la planchette de Depron et assemblez moi tout ça à l’aide de Scotch. Les tourillons de fixation de l’aile inférieure seront insérés en place avec adjonction d’une petite goutte de cyano adaptée à la matière.
C’est le moment où l’on choisi de peindre ou non les haubans et la cabane. Si vous décidez de le faire, dépolissez les surfaces et un petit coup de bombe plus tard, fixez-les à l’aile supérieure. Maintenez les collages avec des bandes de ruban adhésif.
Une fois que tout est sec, amenez l’aile supérieure sur l’aile supérieure et vissez la cabane sur les renforts latéraux du fuselage. Les haubans seront collés sur l’aile inférieure selon le même procédé que pour l’aile supérieure. Un petit mot sur la cabane : elle est d’une souplesse à faire pâlir une guimauve. Je l’ai donc rigidifié en collant quelques bouts de corde à piano 0.8mm par l’intérieur.
En ce qui concerne le train, il est inséré dans son logement et j’ai préféré bloquer le tout avec une chute de baguette balsa 4x4 plutôt que de laisser la chose libre de tout mouvement longitudinal.
Ben voilà, nous voilà presque au bout. Encore un peu de courage, les premiers vols sont pour bientôt.
En ce qui concerne le capot, il y a un peu plus de travail. Découpez les deux demi coquilles et assemblez-les via une petite chute de ce matériau. Ce plastique à la magnifique faculté de très bien réagir à la cyano fluide de base. Collage rapide et solide assuré. Une petite touche de peinture noire pour cacher tous les petits défauts et le tour est joué. L’hélice est simplement enfilée sur l’axe moteur et fixée grâce au petit écrou qui va bien. Le cône de sécurité en caoutchouc mou vient sécuriser l’ensemble. Il est simplement enfilé en force sur l’axe moteur.
Bon maintenant, passons aux choses sérieuses. Mon petit Tiger était de la fête à deux des plus prestigieuses manifestations électriques de notre bon vieux pays, et autant vous dire que l’animal a fait forte impression et à prouver à plus d’un que les indoors sont capables d’évoluer en extérieur même avec pas mal de vent.
Tout d’abord Crespières : Pour une fois, ce n’est pas le soleil qui accompagna cette journée de passionnés, mais plutôt une pluie omniprésente et un vent bien présent agrémenté de belles turbulences. Après une bonne dizaine de cafés pris sous le marabout, mis en place par les organisateurs, je commence à m’ennuyer un peu. Je décide donc, malgré les regards éberlués et les Houla de la foule en délire, de lancer ma petite guêpe sans grand espoir je dois vous l’avouer. Et bien c’est tout aussi surpris que les autres pilote que je voyais évoluer mon petit Tiger, bravant fièrement les éléments avec une grâce de bourdon secoué par la tempête. Malgré tout, ce ne sont pas moins d’une dizaine de vols qui furent effectués ce jour-là ; le pilote se protégeant de la pluie sous le marabout alors que le petit Tiger se mouillait les plumes avec une hardiesse invraisemblable.
Elec’Trophy : cette rencontre fut celle de toutes le audaces. Une fois de plus mon nouveau compagnon de jeu prouva qu’il avait plus d’une corde à son arc. Diverses épreuves plus loufoques les unes que les autres furent tentées avec les potes. Tout d’abord le sauté de Tiger. Bon Eric, dès qu’il arrive, tu cours et tu sautes par-dessus ok ! Ainsi fut dit ainsi fut fait mais finalement ce n’était pas assez osé. Guillaume décida donc de tenir le bout de l’antenne de ma radio et me défia de faire passer la bébête sous cette dernière ! Sic ça commence à devenir chaud. Attention ! Premier essai ouf ça passe tranquille, on baisse un peu à l’instar de danseurs de limbo jamaïcains et zouuuuuuuuuuuupppppppppppppp whaaaaaaaaaaazaaaaaaaaaaaaaaa trop fort ! Bon maintenant il est temps d’oser l’impossible Eric et Guinôme forment un losange en se tenant les mains. Là il n’y a pas beaucoup de place. Banzaï ! Attention et hop un ti coup d’aile dans les côtes d’Eric, mise en vrille à plat et au tas. On relance et on recommence ! Passons à autre chose. Je m’allonge sur le ventre et baisse la tête, le jeu est à présent de passer le plus près au dessus de ma tête, après deux passages à rendre jaloux mon copain coiffeur, Guillaume (encore lui !) m’invite à se poser sur son dos. Bon ben je ne peux pas refuser une offre pareille. Et Hop un petit appontage humain. On en rigole encore. Il est maintenant temps de recharger les batteries de l’avion et du pilote. Les quelques sangrias bien fraîches ainsi que le traditionnel repas du samedi soir remettent les esprits en effervescence. Le vin aidant, les esprits s’échauffent. La nuit arrive et il est temps d’accrocher les Starlights pour faire un peu de vol nocturne. J’en fixe un à chaque saumon et un en haut de la dérive. Ces trois points verts m’aideront à faire évoluer le tigre mou en conditions ultimes. J’admire le spectacle d’un magnifique Hercules tous feux allumés. Guillaume et Laurent sont prêts avec leurs Soarstar et Geebee. Jean-Michel est également de la partie avec un Sky surfer équipé en conséquence. Le vol qui s’en suit restera gravé dans les mémoires. Piloter trois points verts dans les cieux obscurs est une expérience inoubliable. La nuit nous enhardie encore un peu plus et je décide de poser sur le GeeBee de laurent. Lequel porte encore les stigmates de cet accouplement hors normes. Il est temps d’aller se coucher car la journée du lendemain s’annonce tout aussi folle. Le lendemain le vent a forci le Tiger Moth s’en sort encore pas mal sauf au cinquième lancer où les ailes décident d’applaudir sous les rires des pilotes restés près de leurs avions. Vingt minutes, plus tard, à grand renfort de cyano et de Scotch, notre petit bourdon reprendra les airs sous les regards hallucinés de certains confrères.
Par contre, n’importe quel pilote chevronné se régalera aux commandes de cet avion. Que ce soit en salle ou en extérieur par vent calme ou plus présent, les seules limites de la machine seront celles de l’imagination du pilote en ce qui concerne les folies qu’il pourra faire avec. Je vous souhaite de bons vols avec votre Tigre mou et surtout de prendre autant de plaisir que moi dans des évolutions toujours plus loufoques qu’osées. Jérôme
Envergure : 800mm
Longueur : 670mm
Surface alaire : 18,6dm²
Masse annoncée : 215 à 275g
Masse obtenue : 236g
Charge annoncée : 11,6g/dm²
Charge obtenue : 12,7g/dm²
Moteur : IPS-DX2B-AXC
Hélice : GWS 9x7
Accus : 7 éléments 250mAh Nimh
Radio : 3v/2servos (5,4g)
Variateur : Nes 04
Ce que j’ai aimé :
Préfabrication poussée
Prix sans aucune concurrence
Qualités de vol
Tolérance face au vent
Autonomie
Côté attachant
Ce que j’ai moi aimé :
Livré brut de fonderie
Cabane un peu souple